La grande muraille

4 jours sur la grande muraille

Le jeudi 25 juillet

La grande muraille, c’est ainsi qu’on l’appelle et c’est un incontournable de notre voyage! Nous quittons notre auberge à Beijing ce matin en compagnie d’un chauffeur et d’un guide chinois surnommé Danny. Nous entamons un tour de quatre jours à la grande muraille de Chine. Mais d’abord, nous faisons un arrêt au site funéraire des empereurs de la dynastie Qing, la dernière à gouverner la Chine. Nous visitons tout d’abord le site d’un empereur qui a été au pouvoir pendant 60 ans puis un deuxième site où est enterré l’impératrice Cixi, très connue en Chine en raison du fait qu’elle a gouverné pendant 45 ans jusqu’en 1910 environ. Ce fut une époque difficile qui a à peu près marqué la fin de la royauté en Chine. Nous nous rendons ensuite à la muraille de Chine (qu’on a tellement hâte de voir). Aujourd’hui, nous sommes à Huangyaguan, qui se situe à l’est de Beijing. La section de muraille à cet endroit a été refaite durant la dynastie Ming (environ 1 500 AD) et a aussi été pas mal restaurée ces dernières années. Le paysage est parsemé de montagnes serrées, ce qui donne une allure de montagne russe à la muraille, qui serpente sur la crête d’une montagne à l’autre. C’est définitivement superbe sous le soleil et le ciel bleu. De plus, c’est très tranquille ici car ce sont essentiellement des touristes chinois qui viennent sur ce pan de muraille, qui se trouve assez loin de la grande ville. Pour l’instant, on dirait que nous sommes seuls. Nous commençons l’ascension (ça serpente de haut en bas comme une montagne russe, rappelez-vous), enthousiastes et émerveillés d’y être pour la première fois. Nous prenons assez vite un rythme un peu plus sage car on ne fait que monter et descendre, sous un soleil de plomb. Deux heures et plusieurs photos plus tard, nous redescendons et revenons à pied à l’hôtel.

Entrée des tombeaux de la dynastie Qing
Tombeau d’un empereur
Cercueil de l’empereur
Muraille restorée

 

Le vendredi 26 juillet

Lever tôt ce matin (en fait assez tôt : 5h30) pour notre expédition d’aujourd’hui afin d’éviter la chaleur. La température est parfaite cependant car le ciel est légèrement couvert et il y a un bon petit vent. Nous partons à pied avec un guide local qui nous accompagne car la marche commence au pied de la montagne et nous suivons un sentier qui monte à travers la végétation avant de rejoindre la muraille. Ça ressemble plus à un sentier dans la jungle, tout en pente. De temps en temps nous grimpons des marches en pierres très abruptes. Un de ces escaliers est d’ailleurs surnommé « l’échelle du ciel » (je vous laisse imaginer la dénivelation de ses marches!). Après au moins une heure d’escalade nous rejoignons la muraille, qui ressemble en fait à un monticule de terre envahi par la végétation. Cette section n’a subi aucune restoration depuis au moins 500 ans. Nous poursuivons notre route sur la muraille, mais toujours parmi la végétation (on comprend pourquoi il faut un guide local). Nous redescendons par un sentier pavé et retournons à l’hôtel, 4 heures plus tard. Nous partons ensuite en voiture pour nous rendre plus à l’ouest, à Gubeikou, notre prochaine destination.

Nous sommes sur la vieille muraille avec nos guides
La muraille couverte de végétation
Notre auberge
Repas du soir avec le guide et le chauffeur

Le samedi 27 juillet

Départ un peu plus tard ce matin : 7h30 en fait. Nous entrons dans la section de muraille de Gubeikou. Le ciel est couvert, il ne fait pas trop chaud (un beau 28 degrés) mais toujours humide, et nous sommes seuls sur le sentier. Nous marchons sur la muraille dont les pierres sont usées et inégales, entourés par le bourdonnement des insectes, le chant des cigales et le piaillement des oiseaux. Le paysage est extrêmement montagneux et très verdoyant de tous côtés. On voit des pins, des chênes, des arbustes fleuris, des fleurs sauvages et même quelques champs de maïs. La vue est splendide car nous déambulons sur le dos du dragon (les crêtes montagneuses). Bon là je l’avoue, pour faire ce genre d’expédition, il ne faut pas avoir peur des hauteurs ou avoir le vertige car à certains endroits la muraille est assez endommagée et le sentier devient étroit (c’est haut des deux côtés). Il faut également être en excellente forme physique car la muraille suit le chemin le plus haut d’une montagne à l’autre alors c’est comme une montagne russe qui monte et descend sans arrêt. Par endroits, il y a des marches qui font plus d’un pied et demi de haut et même jusqu’à deux pieds. Ça demande de bonnes enjambées et pas mal de force dans les jambes. Autre détail : il faut pouvoir supporter la chaleur et l’humidité car nous sommes complètement trempés de sueur (elle nous dégoutte du visage!) à la fin de chaque marche. Une heure et demie plus tard, nous devons descendre de la muraille et poursuivre notre route dans un sentier (à travers bois puis dans les champs, nous passons même dans des champs de maïs) puisque la section de muraille qui continue est en zone militaire interdite. Nous la longeons ainsi pendant plus d’une heure avant de pouvoir y remonter, dans une autre section appelée « Jinshanling ». Cette section est d’abord ancienne, avec une abondance de végétation qui y pousse (ça fait drôle de voir toutes ces plantes sur le dessus de la muraille), puis son autre partie est restorée à neuf. Plus touristique, elle offre des vues magnifiques sur les montagnes environnantes, encore une fois. C’est un peu plus loin que nous terminons notre marche, à 11 km de notre point de départ.

Départ sur la vieille muraille
Muraille couverte de végétation

Sentier hors de la muraille

Section très abrupte

Le dimanche 28 juillet

On annonce une journée ensoleillée et extrêmement chaude aujourd’hui (jusqu’à 35 degrés), et on dirait bien que c’est ce que nous allons avoir comme température lorsque nous commençons notre marche à 7h00 du matin. Mais à cette heure-là, il y a une belle brise encore fraîche. La marche débute toujours par une ascension puisqu’il faut rejoindre la muraille, sur le haut d’une montagne. Une fois en haut, il ne reste qu’à suivre le chemin qui monte et descend sans cesse en suivant les crêtes montagneuses. Bon, ça semble simple juste en le disant ainsi mais précisons un peu : d’abord le chemin n’est pas plat (ou en tout cas très rarement) et encore moins uniforme. Certaines sections sont belles, c’est-à-dire que les tuiles ou les briques sont bien placées les unes à côté des autres, d’autres sont endommagées, c’est-à-dire que les tuiles ou les briques sont toutes croches, et certaines sont manquantes, laissant des espaces remplis de cailloux ou autres débris. Il y a aussi de la végétation qui y pousse quelquefois. Puis certaines sections sont plates mais en pente raide (extrêmement raide!) en montant ou en descendant. Enfin, il y a des sections avec des marches (dans tous les états décrits précédemment). Vous pouvez donc imaginer combien la marche est exigeante. Chaque pas est différent et demande de la concentration (surtout dans les sections où les marches endommagées sont extrêmement à pic!). Le paysage en vaut toutefois la chandelle car nous nous arrêtons souvent, émerveillés ou encore surpris par le trajet que nous venons juste de terminer ou par celui qui se présente devant nous. Nous sommes sur la section de muraille de Jinshanling, la même qu’hier, mais nous poursuivons à partir du point où nous l’avons laissée. Nous faisons environ une dizaine de kilomètres ainsi, en croisant quelques touristes chinois à mesure que la matinée avance, et terminons vers 11h00, juste avant que la température ne devienne insupportable.

Quelques faits sur la muraille :

  • Elle est plus longue que la distance de Québec à Edmonton
  • Des millions d’ouvriers y ont travaillé
  • On estime que le cinquième des ouvriers y ont laissé leur vie, morts d’épuisement.
  • Sa constructon a débuté il y a plus de 2 000 ans et elle a souvent été restorée, solidifiée et améliorée.
  • En montage, la grande muraille serpente sur les crêtes, ce qui veut dire qu’on la voit très bien. On dit qu’elle a la forme d’un dragon.Elle est faite de pierres, de briques et parfois de terre.

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