Visayas 3 – Bohol

Le dimanche 31 mars (Tagbilaran, Bohol)

Voyager dans un pays formé essentiellement d’îles n’est pas une mince affaire. Heureusement les moyens de transport ne manquent pas de nos jours. C’est avec une pointe de regrets que nous quittons notre petit coin de paradis à San Juan sur l’île de Siquijor, d’abord en scooter (20 min) jusqu’au port de Siquijor (pour ramener le scooter en question) puis en tricycle (20 min) jusqu’au port de Larena. C’est d’ici que part le traversier (1h30) qui nous amène sur l’île de Bohol. Il est déjà 14h00 lorsque nous descendons du traversier à Tagbilaran, sur l’île de Bohol. Première chose à faire : louer un autre scooter tout de suite! Et ce n’est pas difficile puisqu’il y a plusieurs endroits de location à la sortie du port. Nous voilà repartis… Nous traversons la ville direction nord dans un trafic relativement dense pour nous rendre à l’hôtel et y déposer nos bagages. Après un bref repos, nous partons pour notre prochaine activité soit un tour en canot sur la rivière Abatan et ceci dans un but bien précis. En effet, à la tombée du jour, certains des arbres mangroves qui bordent la rivière s’illuminent et scintillent tels des arbres de Noël grâce à des milliers de lucioles bioluminescentes. Celles-ci sont différentes des lucioles que nous trouvons sur la terre ferme (même au Canada) car les lucioles de mer vivent en colonies sur un arbre, contrairement aux autres qui sont solitaires. Nous partons avant le coucher du soleil pour pagayer sur une distance de deux kilomètres avec notre guide. Puis, une fois le soleil disparu, nous pagayons d’un arbre à un autre pour admirer le spectacle des milles feux créés par ces petites bestioles. C’est tout simplement féérique avec le ciel étoilé en toile de fond.

Notre moyen de transport pour les 8 prochains jours

Le lundi 01 avril (Loboc)

Voici une petite devinette : Quel est le plus petit primate au monde? Voici quelques indices :

  • Il peut tenir dans la paume d’une main.
  • Il peut faire des bons jusqu’à 5 mètres.
  • Il possède des yeux gigantesques, chaque œil étant plus gros que son cerveau.
  • Ses yeux sont fixes.
  • Il peut tourner la tête à presque 180 degrés de chaque côté.
  • Il ne peut être gardé en captivité vu sa tendance à se laisser mourir dans ces conditions.
  • Il fait partie des espèces en voie de disparition.

Je vous l’accorde, cet animal est absolument fascinant. Le Tarsier des Philippines est donc une des attractions majeures de l’île de Bohol. Il est possible de visiter un sanctuaire dévoué à la protection de ces petites bêtes le long de notre trajet. Étant nocturnes et très territoriaux, ces petits primates ont tendance à revenir sur le même arbre pour y dormir durant la journée. Nous suivons un parcours boisé en silence et des guides nous pointent les tarsiers afin que nous puissions les observer dans leur habitat naturel.

Nous poursuivons ensuite notre route en scooter sur une distance de 35 km jusqu’à Loboc, à l’intérieur des terres. Notre hôtel est situé sur le bord de la rivière Loboc et nous en profitons pour y nager un peu avant de sauter dans la piscine.

Rizières le long de la route
Rizières et plantations de cocotiers
Tarsier tout bien réveillé…
… puis il se rendort

Le mardi 02 avril (Loboc à Carmen)

Le centre de l’île de Bohol est composé d’un ensemble de 1 200 à 1 800 petites collines de forme sphérique couvertes d’herbes virant au brun durant la saison sèche, d’où le nom de  « Chocolate Hills » ou collines en chocolat. Celles-ci auraient été formées il y a très longtemps suite à un soulèvement du fond marin et à l’érosion par la pluie et le vent. Elles sont composées essentiellement de calcaire marin avec une base d’argile et s’élèvent en moyenne entre 30 et 50 mètres de haut. Lorsque l’on scrute le paysage à partir d’un point d’observation surélevé, l’effet est assez surprenant. Surtout que ces collines sont clairsemées et entourées d’innombrables rizières offrant des paysages à couper le souffle. Pour se rendre au point d’observation il faut emprunter la route principale qui traverse d’abord une belle forêt faite de mains d’hommes. Eh oui, une section de forêt complètement reboisée avec des arbres d’acajou et de teck il y a environ 70 ans, suite à la 2e Guerre mondiale.

Rivière Loboc
Village de Loboc
Notre hôtel le plus luxueux à Loboc
À l’arrière de l’hôtel… plate-forme pour sauter dans la rivière
L’hôtel sur le bord de la rivière Loboc
Forêt d’acajou et de teck
Promenade dans la forêt d’acajou
Les collines Chocolate Hills

Le mercredi 03 avril (Loboc et ses environs)

La vie paraît si facile lorsqu’on se lève chaque matin sous un beau ciel bleu et un soleil étincelant. C’est une petite journée tranquille aujourd’hui car nous avons pas mal ratissé la région. Cependant, nous décidons de retourner à la forêt pour y suivre une petite piste de 1 km, histoire de s’imprégner de cet environnement dans lequel on trouve dorénavant des tarsiers. Durant notre balade, nous avons la surprise d’entendre puis d’apercevoir un couple de calaos de Samar très haut dans les arbres. Nous revenons à l’hôtel en après-midi pour la baignade dans la rivière Loboc et la piscine.

Les barges qui offrent des excursions sur la rivière
Rivière Loboc et la tyrolienne (la voyez-vous?) qui la traverse

Du 04 au 09 avril (L’île de Panglao)

Au sud-ouest de Bohol se trouve la toute petite île de Panglao vers laquelle la majorité des touristes convergent dès leur arrivée. Pour notre part, c’est là que nous terminons notre long périple de trois mois. Nous passons nos journées à faire de petites excursions en scooter autour de l’île et à nous promener d’une plage à l’autre.

Coucher du soleil à Ste Augustine
Plage de Doljo
Baignade dans la grotte Hinagdanan
Devant notre logis à marée basse
Spectacle musique et boucles de feu sur la plage Alona
Château de sable
À la plage d’Alona
Plage d’Alona et ses hôtels, restaurants et boutiques
Près de la plage Bikini
Élevage de coqs… La relève pour les prochains combats
Oursins de mer frais à vendre… Et ça se mange cru!
Vie de pêcheur
Jeux d’enfants
Notre logis Villa Juana

Du 09 au 10 avril (Philippines au Canada)

Le 09 avril

Tricycle de notre logis à l’aéroport de Panglao

Nous vivons dorénavant dans une époque où il est possible de se rendre n’importe où sur Terre en relativement peu de temps et nous allons en faire l’expérience une fois de plus. Un court trajet de 15 min en tricycle, de notre villa jusqu’à l’aéroport international de Bohol marque le début du voyage de retour. Le vol d’Air Asia qui nous conduit à Manille part à 16h le 9 avril. Tout se déroule sans encombres et nous arrivons au terminal 3 de l’aéroport international de Manille vers 17h30. Puis c’est au tour d’une voiture GRAB (pas de taxi, non merci) de nous laisser à l’hôtel, tout près du terminal 1 (pour le vol du lendemain). Notre hôtel se situe tout près du premier hôtel où nous sommes restés il y a 3 mois de cela. Nous allons donc nous promener dans les mêmes rues avoisinantes. Une fois de plus, nous sommes étonnés de découvrir un quartier très vivant où les gens de tous âges se côtoient dans les petites ruelles. Les enfants jouent au ballon, à l’élastique, à faire de la bicyclette, et les adultes jasent. Ils nous saluent spontanément, nous questionnent sur notre voyage, notre pays. Maintenant je ne suis plus surprise du tout de leur accueil et de leur gentillesse… ça fait tout simplement partie leur culture! C’est même drôle de constater que nous nous sentons tout-à-fait à l’aise dans ces ruelles maintenant, contrairement à notre arrivée il y a 3 mois. Aujourd’hui nous « comprenons » les gens et le milieu dans lequel ils vivent. C’est comme si nous observions la scène sous un nouvel angle, de l’intérieur vers l’extérieur d’un cercle par exemple. À présent, tout nous semble familier alors qu’à l’arrivée, nous étions carrément exclus du cercle et n’avions que des questions sans réponses. Nous profitons de cette dernière soirée chaude et agréable avant de retourner à l’hôtel.

Air Asia, compagnie à rabais, de Panglao à Manille
Véhicule Grab, semblable à Uber, nous amène à l’hôtel
Marche en soirée à Manille
Grillades à vendre dans le quartier près de l’aéroport
Vue de Manille et l’aéroport

Le 10 avril

Il n’est que 3h30 lorsque le cadran nous réveille. La nuit a été courte mais il faut malgré tout se lever pour se rendre à temps au terminal 1 avec la navette de l’hôtel. Notre vol Manille-Beijing part à 6h20 et nous avons tout juste assez de temps pour passer au travers des files nombreuses et interminables : tout d’abord l’enregistrement au comptoir d’air China, ensuite l’immigration, puis la sécurité. C’est déjà l’heure de l’embarquement et l’avion décolle. Le trajet jusqu’à Beijing ne prend que 4 heures. Par contre, l’attente qui s’en suit met notre patience à rude épreuve car notre prochain vol part dans 12 heures, juste avant minuit. Ce n’est pas chaud à Beijing en ce début avril et la température se reflète dans le terminal. Après plusieurs promenades de long en large dans l’aéroport, l’heure d’embarquement arrive enfin. Tel que prévu, l’avion part juste avant minuit. On nous sert un premier repas (boeuf et riz ou canard et riz?) avant d’éteindre les lumières. Le reste n’est que brouillard jusqu’à ce qu’on nous réveille vers 7h30 pour le déjeuner. Ma tablette indique la date du 11 avril mais je sais qu’il n’est que le soir du 10 avril à Vancouver, donc même jour, même heure qu’au départ. C’est comme si le temps s’était figé pendant notre traversée en avion.

Vancouver, quel bel aéroport, mais il est gros. Nous prenons une bonne marche pour arriver à la douane d’abord, puis à la porte des correspondances, enfin à travers la sécurité et finalement à la porte d’embarquement du vol pour Edmonton. Et pendant cette longue promenade d’un bout à l’autre de l’aéroport, je passe mon temps à me demander si le soleil se lève ou se couche. Ah oui, c’est le soir et on est toujours le mercredi 10 avril. L’embarquement est immédiat et on attend dans l’avion car il y a un peu de retard. Il est 21h et j’ai encore faim malgré le déjeuner (souper!?) dans l’autre avion. Ça va prendre un certain temps pour que mon corps comprenne et accepte ce décalage horaire. Bon en attendant, voici les observations qui nous frappent le plus en arrivant au Canada :

  1. L’efficacité : toutes les étapes à l’aéroport se font très vite
  2. Il y a une atmosphère relaxe qui flotte dans l’air
  3. Ça y est, on comprend tout (français /anglais)
  4. Tout est tellement propre… spécialement les salles de bain et bonus : il y a du papier toilette!

Finalement un taxi nous ramène à la maison et il se fait tard, il faut aller au lit (Encore? Il me semble que je viens tout juste de passer une nuit entière dans un avion?).
Réflexion finale : quelle chance nous avons de vivre dans le meilleur pays au monde!! Ici des mots tels liberté, opportunité, démocratie, tolérance, justice, égalité, et j’en passe, font partie de notre réalité.

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